Septembre 2012

En septembre 2012, Envol Vert était sur le terrain pour suivre le projet « Noyer Maya et sécurité alimentaire ». A l’occasion de l’arrivée de Boris Patentreger à Rio Ancho, le projet a encore avancé.

En effet, les 285 premiers arbres ont été plantés en quelques jours !

Deux sites d’expérimentation ont été choisis pour les planter.

Dans un premier temps, c’est une zone dénudée sans arbre, comparable à une zone de pâturage pour l’élevage de bovins qui a été choisie. C’est dans cette zone que le Noyer Maya a été planté en ligne avec différentes cultures. L’objectif étant d’avoir une production de différentes cultures pour les 3 premières années, avant que le Noyer Maya soit productif, mais aussi de fournir l’ombre nécessaire pour que le Noyer Maya pousse.

L’association végétale de la première plantation est la suivante :

-1 pied de Noyer Maya

-1 graine de mais

-1 bouture de Yucca

-1 graine de mais

-1 pied de banane plantain

-1 graine de mais

-1 bouture de Yucca

-1 graine de mais

-1 pied de Noyer Maya

-Etc.. Sur plusieurs rangées de plantations.

Le Noyer Maya est une espèce qui pousse à l’ombre. Afin de garantir une pousse optimale du Noya Maya, le maïs a été semé en premier lui, puis le Yucca et le platano ont été plantés.

Dans un deuxième temps, le Noyer Maya a aussi été planté dans une autre zone de plantation, où se trouvaient déjà des bananiers à bananes plantains, (de taille déjà conséquente). Ce deuxième « terrain test » de plantation du Noyer Maya permet d’évaluer si le Noyer Maya s’y développe mieux.  En effet, dans cette région les forêts sont déboisés entre autres pour l’élevage, pour le pâturage mais aussi pour les cultures et plantations de bananiers.

En tout, ce sont ainsi 285 arbres Noyer Maya qui ont été plantés en quelques jours sur ces deux zones tests.

Durant ces quelques jours, à l’occasion de la visite de la réserve dans laquelle ont été prises les graines du Noyer Maya, Boris a pu constater grâce à Cayo de la Fondation Nativa que le Noyer Maya poussait partout ! En effet, plusieurs individus de plus de cent ans ont poussé à même la roche, directement  sur les pierres. En plus de ces nombreuses vertus, le Noyer Maya  semble pouvoir pousser partout.

Un des bénéfices du Noyer Maya réside dans sa richesse en protéines, fibres, calcium et potassium ! En effet, la noix peut donc être utilisée en tant que complément alimentaire.

Suite à la formation qui avait été donnée en juillet, la nouvelle formatrice surnommée « la negrita » a mis en pratique ses connaissances apprises au cours du mois. « La negrita » a donné à près d’une vingtaine de personnes, dont des étudiants de 4 universités colombiennes différentes, un cours de cuisine de A à Z avec le guaimaro.

Après avoir toasté, trié puis moulu le Noyer Maya, c’est en jus avec des mûres, en soupe et en enpanadas que tout le monde a été invité pour déguster le fruit de l’arbre protecteur de la biodiversité !

En effet le Noyer Maya est un arbre qui vit 300 ans. Il permet de restaurer les zones dégradées, de lutter contre la déforestation liée à l’élevage en constituant une source alternative de nourriture avec ces feuillages. Le Noyer Maya en fournissant des noix devient une source de sécurité alimentaire pour la Colombie et pour le reste du monde. L’utilisation des noix de Noyer Maya doit se généraliser pour la sécurité alimentaire mondiale, pour la protection des forêts tropicales et du joyau de biodiversité de la Sierra Nevada de Santa Marta.

Il reste encore prêt de 10 000 arbres de Noyer Maya prêts à planter ! Nous avons besoin de votre aide pour que l’on puisse les planter. http://www.sierranevada.envol-vert.org/

 

Août 2012

Noyer Maya : 5 formatrices diplomées

Cinq femmes parmis les plus motivées, se sont volontairement identifiées pour être promotrices.

Elles ont suivi au moins trois des ateliers et une formation plus poussée et savent à leur tour former à la plantation, la récolte, au séchage et la consommation d’aliments à base de Noyer Maya.

Paisa, femme au foyer est très intéressé dès le début du projet. « Le côté nutrition m’a tous de suite attiré ainsi que le fait de pouvoir apprendre de nouvelles choses ».

Adelayda, la plus jeune (19 ans) est indigène Aruhaco. Elle apprécie le lien fort du projet avec la nature et veut

transmettre un savoir ancestrale (le Noyer Maya ou « mewu » en Aruhaco étant consommé de façon régulière depuis toujours).

Quant à Amalia, paysanne elle ne connaissait pas le Noyer Maya et s’apprête aujourd’hui à faire une pépinière de 5000 arbres dans sa localité.

Yomaira, coiffeuse de formation aime le travail en équipe et pense que ce projet pourrait être générateur de nouvelles opportunités pour elle (micro entreprise, création d’emploi).

Pour terminer, Darimar a une parcelle de 18 hectares sur la localité de Jerez. Paysanne, elle est investit dans le projet depuis le début puisqu’elle a planté le premier arbre sur la ferme Santa Brabara en 2011.

Noyer Maya : Conclusion des ateliers

Les cinq ateliers donnés par Nidia, l’ingénieur agronome du Maya Nut Institute, ont permis de former un total de 192 personnes, paysans locaux et populations indigènes. On compte un total de 100 femmes formées. 30 enfants de Jerez ont même participé.

En plus de ces cinq ateliers (voir contenu ci-dessous) deux ateliers supplémentaires ont eu lieu.

Le premier à destination des 15 femmes les plus motivées pour créer un groupe de femmes promotirices, définir les fonctions de ce rôle et approfondir les connaissances.

Le second, était un atelier de clôture, plus technique, afin de former à la construction de pépinières, expliquer les techniques de plantation et diplômer les formatrices.

Juillet 2012

Noyer Maya : Quand les médias s’en emparent

Les avancées du projet et sa dynamique a retenu l’attention des médias et des institutions locales puisque nous avons reçu la visite de Coorpoguajira (institution environnemental régionale) et du journal Diario del Norte qui a consacré une page au projet dans son journal le mardi 17 juillet. Ce même jour, Cayo, le coordinateur local, a été invité par la radio locale à expliquer en détail l’avancé des projets : Tapir et Noyer Maya.

Noyer Maya : Les ateliers cuisine à peine commencés, déjà un succès !

L’arrivée de Nidia, ingénieur agronome et spécialiste du Noyer Maya, le 12 juillet marque un tournant. C’est l’occasion de permettre à la population de mieux s’approprier le projet. Cinq ateliers sont programmés dans les villages de Rio Ancho, Palomino, San Salvador, Jerez et un dans le département du Cesar. Ils se déroulent en 3 phases :

-  une présentation pour rappeler les objectifs du projet (reforestation, sécurité alimentaire, nouvelles sources de revenus), les valeurs nutritionnelles et l’utilisation ancestrale de l’arbre ;

- une phase pratique : création de farine de Noyer Maya et préparation de recettes diverses (empanadas, arepa, jus de fruits…)

- et une partie plus technique pour répondre aux questions des hommes : comment se plante l’arbre ? Avec quel type de culture ? A partir de quand commence t-il à être productif ? Quel est son rendement ? On en profite également pour expliquer qui les valeurs nutritives des feuilles pour la consommation animale (chèvres, vaches…) s’avèrent meilleures que le fourrage traditionnel.

Le premier atelier a eu lieu le 14 juillet à Rio Ancho en présence d’habitants du village et d’indiens Koguis, le second le lendemain à Palomino avec les locaux et des indiens Aruhaco de la communauté de Sabana Culebra. Plus de 100 personnes ont été sensibilisées aux cours de ces deux ateliers, à qui nous avons d’ailleurs remis un diplôme et de nouvelles recettes ont été élaborées, ce qui a permis de créer un livre de recette qui sera complété au fur et à mesure.

L’enthousiasme généré par ces deux premiers ateliers a permis d’identifier de futures promotrices.  Amalya (département du César), Adelayda (communauté Aruhaco), Nelly (Rio Ancho) et Yomaira (San Salvador). Un atelier spécial leur sera dispensé pour une formation plus poussée.

Une journée de sensibilisation est également programmée avec le collège de Rio Ancho, lieu de base du projet.

Etudes scientifiques : Expédition réussie

Grâce au financement d’Envol Vert, les études scientifiques se poursuivent dans la réserve de Buena Vista. Une équipe de plus de 10 personnes est partie à la recherche des tapirs au coeur de la réserve. Deux tapirs (une femelle et un mâle) ont été capturés, marqués et relâchés afin de continuer les études de suivi sur ces animaux. Ils ont été mesurés. La femelle : 2,25 de long, 1m10 au garrot et 84 cm de tour de collier est l’animal le plus imposant rencontré à l’heure actuelle dans la réserve. Des prélèvements sanguins et de poils ont

également été effectués par Franz Flores, vétérinaire et envoyés à un laboratoire.

Par ailleurs, la station météo a été installée le 10 juillet sur le lieu de vie de la Grenouille Arlequin et nous effectuons actuellement les premiers relevés.

La cabane qui sert de lieu d’hébergement sur le site est également en cours de rénovation afin d’augmenter sa capacité d’accueil pour les futures études (papillons, grenouilles, oiseaux et  tapirs bien sûr).

Juin 2012

Noyer Maya : Arrivée de César à la ferme

César effectue ses premiers contacts avec les différents acteurs locaux (paysans et institutions). Dans le même temps, le travail dans la pépinière continue. Plusieurs sorties dans la réserve sont organisées pour aller chercher des graines venant de germer.
Les plans sont ensuite replantés dans la ferme Santa Barbara. La pépinière compte désormais 11 000 plants de Noyer Maya.

Mai 2012

Noyer Maya : Recrutement d’un volontaire

Afin de soutenir le travail d’Envol Vert et de la Fondation Nativa, d’assurer le suivi des indicateurs, des étapes de travail et d’aider la Fondation Nativa dans les tâches à mettre en œuvre aussi bien administrative que de terrain, Envol Vert a recherché une personne bénévole, motivée et capable de mener à bien cette mission.
César Lechémia, originaire de Haute Savoie et qui a réalisé un cursus en relations internationales et de gestion de projets aux instituts IRIS et Bioforce était tout désigné pour cette mission. Il partira début juin et nous explique son parcours autant que sa motivation pour le projet :
« C’est tout naturellement que je me suis porté candidat à ce poste. Etudiant en Master 2 dans le domaine de l’humanitaire et doté d’une courte expérience en coordination de projet, je recherchais une nouvelle expérience dans le domaine du développement. L’aspect complet du projet a capté mon attention, ce projet regroupe un volet environnemental, de formation/nutrition, un aspect social et enfin économique pour l’amélioration des conditions des populations. Passionné par l’Amérique latine où j’ai déjà effectué plusieurs voyages et micro projets humanitaires, j’ai été d’autant plus sensible au fait que le projet se déroule en Colombie, pays  au centre de mon sujet de mémoire de fin d’étude. Enfin, la crédibilité que m’a inspirée l’association et sa philosophie et valeurs auxquelles j’ai tout de suite adhéré, ont fini de me convaincre de partir les aider sur le terrain »

Noyer Maya : Définition du travail du MNI

La première phase majeure du projet à mettre en place après la récolte des graines pour ne pas perdre la saison et afin de générer une appropriation du projet localement est la formation des femmes aux valeurs nutritionnelles des graines de Noyer Maya et à leur cuisine. Cette phase est aussi l’occasion de leur faire prendre conscience des possibilités de vente de ses graines et du produit transformé pour l’amélioration des économies de la famille et de leur bien-être.
Le Maya Nut Institut, un organisme qui travail depuis des années sur ce sujet et qui nous a aidé dans l’écriture et la définition du projet est en toute logique choisi pour ce travail. Nidia, une indigène du Salvador viendra faire la formation auprès des femmes. Sa mission exacte et son temps de présence sur place est en cours de préparation.

Avril 2012

Noyer Maya : Les femmes se mettent au travail

Cayo, le coordinateur de terrain sur demande d’Envol Vert commence à réunir un groupe de femme autour du projet Noyer Maya, qu’il a commencé à former. La période de fruits des arbres s’étalant d’avril à mai il est important d’être prêt pour récolter les graines qui tombent au sol entre mai et juin, sinon nous perdrions une année.

L’objectif étant à minima pour le projet d’en récolter environ 150 kg et de les sécher afin de pouvoir les conserver et de pouvoir les utiliser dans le cadre de la réalisation des ateliers cuisines avec les femmes. Le premier groupe de femmes constitué, Cayo organise une « petite visite de terrain » afin d’indiquer aux femmes les arbres de Noyer Maya les plus proches de chez elles.

Noyer Maya : Une pépinière est constituée

Grâce aux premiers fonds, la Fondation Nativa a déjà préparée une pépinière dans laquelle 10 000 sacs sont prêts à recevoir un plant de Noyer Maya, 4000 graines ont déjà été plantées. On attend la récolte de nouvelles graines pour poursuivre le travail. Une fois les premier plants grandis on pourra commencer à planter.

Noyer Maya : Ecocert veut planter des arbres

Dans le cadre d’une opération interne qui s’est déroulé pendant la semaine du développement durable les salariés d’Ecocert France ont permis que 79 arbres de Noyer Maya supplémentaires soient plantés dans la ferme de Santa Barbara et le long des rivières. La Fondation Nativa se met en marche pour réaliser concrètement cette action.

Un premier partenaire financier

Humus, Fonds pour la biodiversité octroi à Envol Vert pour la réalisation du projet, sa première subvention, marquant ainsi le démarrage officiel du projet.
Créée en 2011 par la famille Dumont, acteurs et promoteurs depuis 30 ans du développement de l’agriculture biologique, de l’éco-construction et des éco-médecines, Humus est une fondation privée qui a pour objet la protection de la biodiversité.
Humus concentre son action sur cinq axes : rivières et cours d’eau, forêts primaires, protection des espèces, agriculture biologique et développement local, modes de vie soutenables et nouveaux indicateurs environnementaux. Humus fait le choix d’intervenir en amont des problématiques environnementales, en amorce et au plus près des organisations environnementales et solidaires actrices du changement. Pour mener à bien sa mission, Humus offre son expertise et mobilise ses moyens financiers pour appuyer les ONG qui sont trop peu «entendues » ou peu visibles de par leur taille modeste mais effectuant un travail de terrain remarquable et impactant contre les formes d’intensivité destructrices de valeur.

Mars 2012
Une vidéo et une e-boutique

Afin de valoriser le projet Envol Vert a lancé deux nouveaux supports visant à faire connaître le projet et à récolter des fonds. Une vidéo de quelques minutes expliquant l’intégralité du projet est mise en ligne sur Youtube . Ce site internet spécifique est également ouvert, un site qui se présente sous forme de boutique où chacun peut acheter des éléments du projet afin de contribuer à sa réussite. Un investissement originale, simple et moderne pour la protection des forêts tropicales.

Février 2012
Etudes scientifiques : une station météo

La réserve de Buena Vista est riche de biodiversité. 232 oiseaux dont 27 menacés, 10 espèces d’amphibiens, 24 espèces de reptiles, 20 mammifères…. et 12 espèces endémiques menacées d’extinction. Ceci fait de la Sierra Nevada le second site au monde en nombre d’espèces menacées recensées. Pour mieux connaitre ces espèces de nombreux travaux scientifiques et études sont souhaitées.
Une de ces espèces est la Grenouille Arlequin (Photo Crédit Cyril Ruoso) , sous espèce encore non identifié sur laquelle la Fondation Nativa souhaite développer des études. A la demande de la Fondation Nativa, Envol Vert achète pour leurs besoins scientifiques une station météorologique, un outil permettant de connaitre de façon détaillé les conditions d’humidité, température, altitude… lors de la présence ou de l’évolution de tel ou tel espèces dans la réserve afin d’en tirer des analyses comportementales des populations animales et végétales.

Janvier 2012
Noyer Maya : Définition du projet

Envol Vert et la Fondation Nativa, se remettent aussi au travail. Sur la base de l’écriture d’un près projet quelques mois avant, l’objectif est cette fois de finaliser les choses. Définir les résultats attendus, quantifier les indicateurs, identifier la population bénéficiaire, détailler les actions à mettre en œuvre, le calendrier, le budget et choisir les partenaires. Le projet est écrit, la recherche de fonds peut commencer.

Noyer Maya : les premiers plants

Dynamisé par les résultats de l’étude d’Alexandra Rigo la Fondation Nativa décide de commencer à mettre en œuvre le projet. Disposant d’ors et déjà d’une petite pépinière d’environ 200 plants de Noyer Maya entre autres plants d’arbres, Cayo le coordinateur de terrain, décide de commencer à planter des arbres dans la ferme de Santa Barbara à Rio Ancho.
Il plante 100 arbres afin de commencer à donner vie au projet et de conserver l’entrain de la population sur le projet Noyer Maya. Son objectif est aussi qu’à terme la ferme de Santa Barbara devienne un site pilote et expérimental sur le Noyer Maya en condition « domestique » et plus largement sur l’agroforesterie.

Décembre 2011
Etudes scientifiques : Suivi du Tapir

Le tapir est le plus grand mammifère d’Amérique Latine. La Colombie est le seul pays qui compte trois des quatre espèces de tapirs, dont le Tapir terrestre (Tapirus terrestris), espèce vulnérable sur la liste rouge de l’IUCN.
Découvert en 1954, on considérait depuis 1990 l’espèce éteinte sur la Sierra Nevada. En 1998, un paysan et un scientifique prouvent sa présence grâce à des empreintes. Suite à cet évènement, la réserve de Buena Vista, appuyée par Envol Vert aujourd’hui, a été créée.
Le 11 avril 2011, un premier collier satellite a été installé sur un tapir afin de mieux connaitre son aire de répartition (Photo Crédit Fondation Nativa). Sur la Sierra, on estime sa présence à moins d’une quarantaine d’individus.
Les données que le collier nous a transmis durant 6 mois ont montré un important déplacement du tapir d’environ 80 km, avec pour centre névralgique justement la réserve de Buena Vista. Un article scientifique est en cours d’écriture pour partager ces travaux.
Ce travail fait suite à une série de photos prises par des caméras pièges à partir de 2005 avec l’appui des chasseurs de la région afin de les sensibiliser et de leur faire poser les armes en échange de ce travail, ainsi que d’analyse ADN des poils en 2008.
Animal préhistorique, le tapir voit son avenir menacé. Il est chassé et évincé de ses habitats transformés en terres agricoles ou infrastructures routières. Sa raréfaction a des conséquences sur la diversité et la structure des forêts primaires car il agit comme disséminateur de graines et permet de protéger l’écosystème associé

Novembre 2011
Noyer maya : des arbres de plus en plus rares

Parallèlement un travail d’identification des arbres de Noyer Maya a commencé afin de savoir où récupérer les graines lors de la saison des fruits. L’utilisation du e-pocket, mis à disposition par notre partenaire Natural Solutions  a permis se situer par points GPS les espèces et de prendre une photo. Une dizaine d’arbres a été repérée et géolocalisée dans les environs de Palomino et Rio Ancho (entre 5mn et 1h30 de marche des villages). Mais, les propos de Lucho de Palomino viennent nous rappeler l’ampleur des dégâts en matière de déforestation : « quand j’étais petit, il y avait tellement de Noyer Maya autour des villages que l’on se servait des graines pour jouer comme munitions ! ». Pourtant l’arbre est extrêmement résistant, on le retrouve sur tous types de relief : en bordure de rivières (les racines quasiment dans l’eau) comme dans les terres. Tous les sols semblent propices à son développement : pleine terre, entre la terre et roche, sur de l’argile, de la terre sablonneuse… Il se retrouve à différents niveaux d’altitude entre 100m et 600m environ au dessus du niveau de la mer. Il est également capable de survivre aux intempéries et phénomènes naturels puisqu’un arbre a notamment été observé vivant et productif, 5 ans encore après avoir subi un incendie.

Noyer Maya : un usage ancestral

La venue d’Alexandra Rigo sur le terrain durant un mois en novembre 2011 a permis d’initier les discussions sur la partie Noyer Maya du projet avec les hommes et les femmes de la zone de Palomino et Rio Ancho. Un fort intérêt se dégage des populations aussi bien pour la plantation de Noyer Maya que pour l’utilisation des graines pour l’alimentation. L’objectif de l’étude d’Alexandra était de vérifier que le Noyer Maya était bien ancestralement utilisé par la population locale, au moins auprès des anciens. Il s’avère que 50% de la population semble connaître l’arbre. Quelques témoignages expriment cette connaissance : Juan de Dios, de Palomino se souvient «quand j’étais petit, il y a eu une grande invasion de crevettes et quasiment toutes les cultures des champs sont mortes, il n’y avait plus rien à manger dans les maisons. Pourtant il fallait bien se nourrir et c’est le Noyer Maya qui nous a sauvé. Ma grand-mère le préparait à tous les repas de pleins de façons différentes, je me souviens combien c’était nourrissant ».
Il est également ressorti que la graine de Noyer Maya avait de nombreuses possibilités de préparations culinaires. Souvent comparée au haricot, elle est essentiellement consommée comme un accompagnement en pain, soupe ou galette. La graine peut être simplement bouillie ou bien, grillée ou moulue en farine, cuite avec du lait, écrasée en purée, en version salée comme sucrée.